lundi 26 mars 2012

L’été de la mondialisation de tous les dangers , Économique, Politique et Sociétal

 

Je reproduis ici un billet publié sur le GEAP

CRISE SYSTÉMIQUE GLOBALE - GEAB N°63

Les cinq orages dévastateurs de l’été 2012 au cœur du basculement géopolitique mondial

www.leap2020.eu
jeudi 15 mars 2012


Communiqué public GEAB N°63 (15 mars 2012) - Dans son numéro de Janvier 2012, LEAP/E2020 a placé l’année en cours sous le signe du basculement géopolitique mondial. Le premier trimestre 2012 a largement commencé à établir qu’une époque était en effet en train de se terminer avec notamment : les décisions de la Russie et de la Chine de bloquer toute tentative occidentale d’ingérence en Syrie (1) ; la volonté affirmée des mêmes, associées à l’Inde (2) en particulier, d’ignorer ou de contourner l’embargo pétrolier décidé par les Etats-Unis et l’UE (3) à l’encontre de l’Iran ; les tensions croissantes dans les relations entre les Etats-Unis et Israël (4) ; l’accélération de la politique de diversification hors du Dollar US conduite par la Chine (5) et les BRICS (mais également le Japon et l’Euroland (6)) ; les prémisses du changement de stratégie politique de l’Euroland à l’occasion de la campagne électorale française (7) ; et l’intensification des actes et discours alimentant la montée en puissance de guerres commerciales trans-blocs (8). En Mars 2012, on est loin de Mars 2011 et du « bousculement » de l’ONU par le trio USA/UK/France pour attaquer la Libye. Mars 2011, c’était encore le monde unipolaire d’après 1989. Mars 2012, c’est déjà le monde multipolaire de l’après crise hésitant entre confrontations et partenariats.

Evolution des réserves de change chinoises et de leur part en titres US (2002-2011) (en millier de milliards USD) (en vert : total ; en saumon : titres US ; courbe rouge : évolution en % de part des titres US dans le total) - Sources : Banque populaire de Chine / Trésor US / Wall Street Journal / DollarCollapse, 03/2012

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Ainsi, comme anticipé par LEAP/E2020, le traitement de la « crise grecque » (9) a rapidement fait disparaître la soi-disant « crise de l’Euro » des unes des médias et des inquiétudes des opérateurs. L’hystérie collective entretenue à ce sujet au cours du second semestre 2011 par les médias anglo-saxons et les Eurosceptiques aura fait long feu : l’Euroland s’impose de plus en plus comme une structure pérenne (10), l’Euro est à nouveau en vogue sur les marchés et pour les banques centrales des pays émergents (11), le duo Eurogroupe/BCE a fonctionné efficacement et les investisseurs privés auront dû accepter une décote allant jusqu’à 70% de leurs avoirs grecs, confirmant ainsi l’anticipation de LEAP/E2020 de 2010 qui parlait alors d’une décote de 50% quand personne ou presque n’imaginait la chose possible sans une « catastrophe » signifiant la fin de l’Euro (12). In fine, les marchés se plient toujours à la loi du plus fort … et à la peur de perdre plus, quoiqu’en disent les théologiens de l’ultra-libéralisme. C’est une leçon que les dirigeants politiques vont précieusement garder en mémoire car il y a d’autres décotes à venir, aux Etats-Unis, au Japon et en Europe. Nous y revenons dans ce GEAB N°63.

Parallèlement, et cela contribue à expliquer la douce euphorie qui alimente les marchés et nombre d’acteurs économiques et financiers ces derniers mois, pour cause d’année électorale et par nécessité de faire à tout prix bonne figure face à une zone Euro qui ne s’effondre pas (13), les médias financiers américains nous refont le coup des « green shoots » du début 2010 et de la « reprise » (14) du début 2011 afin de peindre une Amérique en « sortie de crise ». Pourtant les Etats-Unis de ce début 2012 ressemblent bien à un décor déprimant peint par Edward Hopper (15) et non pas à un chromo 60s rutilant à la Andy Warhol. Comme en 2010 et 2011, le printemps va d’ailleurs être le moment du retour au monde réel.

Dans ce contexte d’autant plus dangereux que tous les acteurs sont bercés d’une dangereuse illusion de « retour à la normale », en particulier du « redémarrage du moteur économique US » (16), LEAP/E2020 estime nécessaire d’alerter ses lecteurs sur le fait que l’été 2012 va voir cette illusion voler en éclat. En effet, nous anticipons que l’été 2012 verra la concrétisation de cinq chocs dévastateurs qui sont au cœur du processus de basculement géopolitique mondial en cours. Les nuages noirs qui s’amoncèlent depuis le début de la crise en matière économique et financière sont maintenant rejoints par les sombres nuées des affrontements géopolitiques.

Ce sont donc, selon LEAP/E2020, cinq orages dévastateurs qui vont marquer l’été 2012 et accélérer ainsi le processus de basculement géopolitique mondial :

- rechute des USA dans la récession sur fond de stagnation européenne et de ralentissement des BRICS
- impasse pour les banques centrales et remontée des taux
- tempête sur les marchés des devises et des dettes publiques occidentales
- Iran, la guerre « de trop »
- nouveau krach des marchés et des institutions financières.

Dans ce GEAB N°63, notre équipe analyse donc en détail ces cinq chocs de l’été 2012.

Parallèlement, en partenariat avec les Editions Anticipolis, nous publions un nouvel extrait du livre de Sylvain Périfel et Philippe Schneider, « 2015 – La grande chute de l’immobilier occidental », à l’occasion de la mise en vente de sa version française. Il traite des perspectives du marché immobilier résidentiel américain.

Enfin, nous présentons nos recommandations mensuelles ciblées dans ce numéro sur l’or, les devises, les actifs financiers, les bourses et les matières premières.


Notes :

(1) Un article de CameroonVoice, publié le 06/03/2012, offre un tour d’horizon intéressant de cette situation de blocage qu’il nous paraît utile d’analyser sous l’angle géopolitique autant que sons l’angle humanitaire qui a tendance à camoufler nombre de paramètres derrière les « évidences de la cause juste ». Souvenons-nous de l’attaque sur la Libye et des conséquences désastreuses qu’elle entraîne aujourd’hui pour de nombreux Libyens et pour toute la région ; dernière en date : la déstabilisation de toute une partie de l’Afrique sub-saharienne, comme le Mali par exemple. A ce sujet, on peut lire la très intéressante analyse de Bernard Lugan dans Le Monde du 12/03/2012.

(2) Et au Japon qui fait profil bas mais n’a pas l’intention d’arrêter de s’approvisionner en pétrole iranien. La Chine et l’Inde de leurs côtés accroissent leurs livraisons de pétrole iranien et s’engouffrent dans le vide laissé par les Occidentaux. Les Indiens utilisent même désormais l’Iran comme une porte vers le pétrole d’Asie centrale. Sources : Asahi Shimbun, 29/02/2012 ; Times of India, 13/03/2012 ; IndianPunchline, 18/02/2012

(3) Attendons de voir ce que sera la volonté de l’UE en la matière dans la seconde moitié de 2012. Avec la fin de la tutelle US sur la politique étrangère française suite au changement de président français, de nombreux aspects de la politique internationale de l’Europe vont changer.

(4) Nombreux sont les responsables israéliens et américains qui se demandent dans quel état vont être les relations entre les deux pays à l’issue de cette quasi-confrontation sans précédent sur la question d’une éventuelle attaque de l’Iran. Pour certains, on s’approche du moment de « ras-le-bol » d’Israël de la part des Etats-Unis, comme l’analyse l’article de Gideon Levy dans Haaretz du 04/03/2012.

(5) Derniers exemples en date : l’accord des BRICS pour organiser entre eux des échanges en devises nationales, et particulièrement en Yuan du fait de la volonté de Pékin d’internationaliser sa devise ; et la décision du Japon d’acheter des bons du Trésor chinois en accord avec Pékin. Pékin agit ainsi à l’opposé du Japon « dominant » des années 1980 qui n’avait jamais osé pousser à l’internationalisation du Yen. Cet aspect suffit à réduire à néant toutes les comparaisons entre l’ascension avortée du Japon et la situation de la Chine aujourd’hui. Tokyo était sous contrôle de Washington ; Pékin ne l’est pas. Sources : FT, 07/03/2012 ; JapanToday, 13/03/2012

(6) Les banques de l’Euroland se dégagent de leurs activités de prêts en USD. Source : JournalduNet, 23/02/2012

(7) A savoir la fin du social-libéralisme qui avait pris la place de la social-démocratie européenne au cours de ces deux dernières décennies ; et le retour de l’ « économie sociale de marché » au cœur du modèle rhénan, modèle historique européen continental. De la Slovaquie du nouveau premier ministre Fico à la France du futur président Hollande (ceci n’est pas un choix politique mais le résultat de nos anticipations publiées dès Novembre 2010 dans le GEAB N°49) en passant par l’Italie de Mario Monti et une Allemagne où conservateurs et sociaux-démocrates doivent désormais faire le chemin européen ensemble puisqu’il le faut pour obtenir la majorité nécessaire à la ratification des nouveaux traités européens, on voit se dessiner les contours de la future stratégie économique et sociale de l’Euroland : fiscalité progressive renforcée, solidarité sociale, efficacité économique, mise sous contrôle du secteur financier, vigilance douanière, … en résumé : éloignement à grande vitesse du modèle anglo-saxon à la mode depuis 20 ans parmi les élites du continent européen.

(8) Derniers épisodes en date : l’attaque devant l’OMC de la politique commerciale chinoise concernant les « terres rares » par les Etats-Unis, appuyés par l’UE et le Japon ; les nouveaux rebondissements des accusations réciproques USA/UE toujours devant l’OMC concernant les subventions à Boeing et Airbus ; la « guerre monétaire » déclenchée par le Brésil contre les Etats-Unis et l’Europe. Sources : CNNMoney, 12/03/2012 ; Bloomberg, 13/03/2012 ; Mish’s GETA, 03/03/2012

(9) D’ailleurs, impensable pour beaucoup il y a seulement trois mois, l’agence de notation vient de remonter la note de la Grèce. Source : Le Monde, 13/03/2012

(10) Les questions de démocratisation de ces structures se posent comme nous l’avons souligné. Mais ces structures (MES, BCE, …) sont désormais établies. Aux acteurs et forces politiques des deux prochaines années d’entamer leur mise sous contrôle par les citoyens plutôt que de passer leur temps à regretter un temps merveilleux … où les citoyens n’avaient même pas la moindre idée de comment leur pays gérait sa dette. Et ce n’est pas en attaquant les technocrates qui ont fait le « sale boulot » au milieu de la tempête que les politiques trouveront le chemin de la légitimation démocratique des institutions de l’Euroland, mais en proposant de nouveaux mécanismes et des processus d’implication des peuples dans les décisions. A ce propos, il est utile de savoir qu’au Parlement européen, le groupe PPE (où siègent notamment les partis de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel) tente de tuer dans l’œuf une proposition trans-partisane de création de 25 sièges du Parlement européen qui seraient élus sur des listes transnationales avec l’UE comme circonscription unique. Selon LEAP/E2020, cette proposition est un petit pas sur le seul chemin qui peut conduire à un contrôle citoyen des décisions européennes. Il est regrettable que des chantres de la nécessité de rapprocher l’Europe des peuples soient en fait complices du blocage d’une première tentative sérieuse dans cette direction. Source : European Voice, 11/03/2012

(11) Même le Financial Times, pourtant l’un des acteurs-clés de l’hystérie anti-Euro, doit désormais reconnaître que les marchés émergents (acteurs publics et privés) ont retrouvé leur appétit pour la devise européenne. Source : Financial Times, 26/02/2012

(12) Nous insistons sur ces points car il ne faut pas oublier trop vite les discours dominants de 2010 et 2011 qui ont incité les investisseurs à acheter de la dette grecque car c’était une « affaire en or » ! Souvent les mêmes « experts » ont aussi pronostiqué une parité €/$ entraînant nombre d’opérateurs à vendre leurs Euros pour acheter du Dollar dans cette même logique. Résultat : ces « experts », qui peuplent les unes des médias et les émissions financières, ont fait perdre beaucoup d’argent aux uns et aux autres. Pour savoir anticiper l’avenir, il faut aussi entretenir sa mémoire !

(13) N’oublions pas que sans l’hystérie collective entretenue autour de la « crise de l’Euro », dès la fin 2011, les Etats-Unis auraient été incapables de financer leurs énormes déficits. Wall Street et la City ont dû peindre une Europe au bord du gouffre pour pouvoir maintenir le flux d’achats de leurs titres. Maintenant que cette propagande ne fonctionne plus, il est donc vital d’essayer d’embellir la situation US faute de tarir la source extérieure du financement de l’économie américaine. Voir GEAB N°58 à 61.

(14) Pour mémoire, mi-2010, le FMI se préoccupait de ne pas « handicaper la reprise ». Et en Janvier 2011, les experts se demandaient comment bénéficier de la « reprise » démontrée par les fameux « indicateurs clés » ! Sources : FMI, 07/07/2010 ; CreditInfocenter, 27/01/2011

(15) Notre équipe tient à préciser que nous apprécions le talent de Hopper et qu’il n’est cité ici que parce qu’il est le peintre par excellence de la classe moyenne de l’ « âge d’or » des Etats-Unis, qu’il a pourtant en général montrée dans une atmosphère très dépressive. Nous ne pouvons qu’imaginer ce que serait l’ambiance de ses tableaux aujourd’hui avec une classe moyenne en perdition dans un « âge de fer » pour le pays.

(16) Nous rappelons que c’est le crédo fondamental sur lequel repose tout le système économique et financier global. Et en trois ans de crise, pour la première fois depuis 1945, ce moteur ne fonctionne plus. Alors il faut prétendre le plus longtemps possible, en espérant un miracle. A l’été 2012, les orages porteront bien des éclairs mais il n’y aura pas de foudre miraculeuse ; bien au contraire.

Jeudi 15 Mars 2012

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mardi 20 mars 2012

Est on déjà sous l’ère d’un gouvernement fasciste et mondial???

Voici une reproduction d’un excellent billet publié sur le Réseau Voltaire sous la plus me de Patrick Wood

ARTICLE PRIMÉ PAR « PROJET CENSURÉ »

La Commission Trilatérale contrôle le gouvernement Obama

par Patrick Wood

L’oligarchie US défend ses intérêts de classe et garde le contrôle du pouvoir politique à l’échelle nationale en s’appuyant sur des sociétés secrètes telles que les Skull & Bones ou des clubs sélects comme le Council on Foreign Relations (CFR). Au plan international, elle utilise des groupes élitistes, par exemple le groupe deBilderberg qui cherche à intégrer à son projet les oligarchies d’autres pays pour l’émergence d’une gouvernance mondiale. Notre collègue Patrick Wood explique comment fonctionne la Commission Trilatérale, une autre pièce de ce système complexe, dont le rôle a récemment été remis en lumière avec la nomination du chef de sa section Europe, Mario Monti, comme Premier ministre italien.

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Kissinger à la Maison-Blanche pour coordonner avec Obama les travaux de la Trilaterale, à gauche George Shultz
Maison Blanche, 20 mai 2009.

Pendant ses dix premiers jours de sa présidence, Barack Obama a nommé onze hauts fonctionnaires issus de la Commission trilatérale à des postes clés de son administration, introduisant ainsi une puissante force extérieure dans le leadership de son gouvernement, mais avec un agenda de base qui porte plutôt préjudice aux citoyens des États-Unis.

Outre ces nominations, Obama a appelé à la Maison-Blanche plusieurs membres illustres de la Commission trilatérale, dont Zbigniew Brzezinski, son principal conseiller en politique extérieure. Brzezinski est cofondateur de la Commission (1973) avec David Rockefeller.

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Kissinger, l’ex-Secrétaire d’État étasunien est la véritable cheville ouvrière de l’oligarchie US.
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La Commission trilatérale a une grande responsabilité dans l’état actuel du monde. Elle fut constituée en 1973 comme un forum mondial de « penseurs », devenus les artisans du tournant multinational pris par le capitalisme dans le sens d’une radicalisation du courant de pensée keynésien le plus classique de l’économie : rôle de l’État, intensification de l’exploitation mondiale du travail, hégémonie militaire mondiale des pays les plus riches de la planète et de leurs compagnies transnationales.

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Henry Kissinger avec Sarah Palin, John McCain, Hillary Clinton et George Bush Jr.

La Trilatérale est une sorte de grand parti politique mondial. D’après son site Web, elle fut créée par des personnalités du Japon, de l’Union européenne, et d’Amérique du Nord (États-Unis et Canada) dans le but de promouvoir et de construire une coopération plus étroite entre les principales régions démocratiques et industrialisées du monde [en opposition au camp socialiste de l’époque] pour partager les responsabilités dans la direction d’un système international élargi.

Selon sa liste officielle, la Commission trilatérale compte 424 membres, dont 87 seulement sont États-uniens. Ainsi, au cours de ses deux premières semaines à la Maison-Blanche, le nombre de représentants gouvernementaux désignés par Obama constitue 12 % de la représentation des États-Unis à la Commission. Il entretient bien d’autres liens avec la Trilatérale, comme par exemple la présence en qualité de membre permanent de William Jefferson Clinton, le mari de la Secrétaire d’État, Hillary Clinton. Voici les onze personnes désignées par Obama :

- Tim Geithner, secrétaire au Trésor
- Susan Rice, ambassadrice auprès des Nations unies
- le général James L. Jones, conseiller à la Sécurité nationale
- Thomas Donilon, conseiller pour les questions de Sécurité nationale
- Paul Volker, président de la Commission pour la reprise économique
- L’amiral Dennis C. Blair, directeur du Renseignement national
- Kurt M. Campbell, secrétaire d’État adjoint pour l’Asie et le Pacifique
- James Steinberg, Député secrétaire d’État
- Richard Haass, envoyé spécial du Département d’État
- Dennis Ross, envoyé spécial du Département d’État
- Richard Holbrooke, envoyé spécial du Département d’État

L’administration Obama et la Commission trilatérale entretiennent bien d’autres liens. À titre d’exemple, signalons que le groupe informel de conseillers du secrétaire au Trésor, Tim Geithner, réunit les membres de la Commission : E. Gerald Corrigan, banquier et ancien président de la Réserve fédérale ; Paul Volker, aujourd’hui à la tête pensante de la relance économique d’Obama ; Alan Greenspan, le dernier responsable de la Réserve fédérale, et Peter G. Paterson, éminent banquier et investisseur.

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Frais émoulu de l’Université, Geithner se mit immédiatement au service du « trilatéraliste » Henry Kissinger, aux bureaux Kissinger & Associates. Un autre membre de la Commission trilatérale, le général Brent Scowcroft, un commerçant devenu banquier, fut conseiller officieux d’Obama et mentor de l’actuel secrétaire à la Défense Robert Gates. Robert Zoelick, ancien secrétaire au Commerce et actuel président de la Banque mondiale nommé sous l’administration G.W. Bush, est lui aussi membre de la Commission.

Le site Web signale : « La Commission trilatérale est composée de près de 400 noms illustres du monde des affaires, des médias, des universités, des services publics (à l’exception des ministres de cabinets nationaux actuels), des syndicats et d’autres organisations non gouvernementales des trois régions. Trois présidents (un dans chacune des trois régions du monde susmentionnée), des présidents régionaux, un vice-président et des directeurs constituent la direction de la Commission Trilatérale, en collaboration avec un Comité exécutif incluant une quarantaine d’autres membres ».

Depuis 1973, la Commission trilatérale se réunit régulièrement en séances plénières pour discuter de manifestes politiques élaborés par ses membres. Les politiques sont débattues jusqu’à obtention d’un consensus. Les membres regagnent leurs pays respectifs pour appliquer ou faire appliquer les politiques ainsi approuvées par consensus. L’objectif initial du groupe était l’instauration d’un « Nouvel ordre économique international » [ce qu’on appelle aujourd’hui la mondialisation]. Son discours actuel encourage une « coopération plus étroite entre les régions industrialisées démocratiques dominantes du monde, qui assument des responsabilités partagées dans la conduite d’un système international élargi ».

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Prix Nobel de la Paix (comme Obama), Henry Kissinger est impliqué dans plusieurs génocides.

Depuis l’administration Carter, les membres de la Commission trilatérale ont exercé leur influence à de hauts postes contrôlés par le gouvernement des États-Unis : six des huit derniers présidents de la Banque mondiale ; les présidents et les vice-présidents des États-Unis (à l’exception d’Obama et de Biden) ; plus de la moitié de l’ensemble des secrétaires d’État des États-Unis ; et les trois quarts des secrétaires à la Défense.

Durant la période 2009-2012, l’agenda de la Commission reposera sur deux grandes convictions. Premièrement, la Commission trilatérale est appelée à jouer un rôle plus important que jamais pour préserver la direction partagée des pays riches dans un système international élargi. Deuxièmement, la Commission « élargira son cadre pour refléter des changements plus vastes dans le monde ». Ainsi, le Groupe japonais s’est transformé en Groupe Asie-Pacifique, qui inclut des membres venus de Chine et d’Inde, tandis que des personnalités du Mexique ont rejoint le Groupe Amérique du Nord (Canada et États-Unis). Et le Groupe Europe continue d’augmenter avec l’élargissement de l’Union européenne.

Mise à jour de Patrick Wood (d’August Review.com)

La question de l’« influence indue » nous interpelle, lorsque l’on constate le nombre de membres de la Commission trilatérale nommés à des postes élevés au sein de l’administration Obama. Ils ont la mainmise sur des domaines liés à nos besoin nationaux les plus urgents : crise financière et économique, sécurité nationale et politique extérieure.

Le conflit d’intérêts est flagrant. Avec 75 % des membres non-US, quelle influence cette écrasante majorité continue-t-elle d’exercer sur les 25 % restant ? Par exemple, lorsque Chrysler s’est placé sous la protection et le contrôle de la loi états-unienne sur les faillites dans le cadre du plan de sauvetage de l’administration Obama, un accord a été conclu à la hâte avec le groupe italien Fiat pour sauver cette compagnie. La personne désignée pour conclure l’accord fut le secrétaire au Trésor ou ministre des Finances Timothy Geithner, membre de la Commission trilatérale. Seriez-vous surpris si on vous disait que le président de Fiat, Luca di Montezemolo, est lui aussi un membre de la Commission ? Le Congrès aurait dû interdire ce partenariat au moment où il a été suggéré.

Beaucoup des membres européens de la Commission trilatérale sont aussi de hauts dirigeants de l’Union européenne. À quelles oscillations politiques et économiques sont-ils soumis par la branche états-unienne ?

Si on faisait un sondage sur la question, la grande majorité des ressortissants US diraient que les affaires des États-Unis leur appartiennent, et qu’ils doivent se fermer à toute influence étrangère dictée par des programmes non étasuniens. Mais l’immense majorité des citoyens US n’a pas la moindre idée de ce qu’est la Commission trilatérale, et encore moins de l’énorme pouvoir qu’elle a usurpé depuis 1976, quand Jimmy Carter a été le premier membre de la Trilatérale élu président des États-Unis.

À la lumière de la crise financière actuelle sans précédent, les « trilatéralistes » seraient voués à l’exécration s’ils lisaient les déclarations de Zbigniew Brzezinski (cofondateur de la Commission avec David Rockefeller) consignées dans son livre paru en 1971 intitulé « Entre deux âges : le rôle de l’Amérique à l’ère technotronique ». Brzezinski signalait : « La nation-État, en tant qu’unité fondamentale de la vie organisée de l’homme, a cessé d’être la principale force créatrice : les banques internationales et les corporations transnationales sont [à présent] les acteurs et les architectes au sens que prenaient autrefois ces termes appliqués à la nation-État ». [Autrement dit, il a jeté au placard les concepts de base d’État-nation, de souveraineté des pays et du rôle de l’État dans la société, pour défendre la vision d’un monde gouverné par les banques et les corporations transnationales].

C’est exactement ce à quoi nous assistons dans toutes les sphères. Les banques et les corporations mondiales sont des cercles qui se resserrent autour de la nation-État, y compris les États-Unis. Elles n’ont aucun respect pour aucun processus, ni pour le Congrès, ni pour la volonté des peuples.

Pourquoi ont-elles maintenu les citoyens US dans l’ignorance sur un sujet qui ébranle les fondations mêmes de notre pays ?

La Trilatérale contrôle les grands médias

La réponse est simple : on compte parmi les patrons des grands médias de nombreux membres de la Commission trilatérale, et ils peuvent détourner les informations pertinentes mais dérangeantes. Parmi ces décideurs figurent :

- David Bradley, président d’Atlantic Media Company.
- Karen Elliot House, ex-vice-président senior de Dow Jones & Company, et éditrice du Wall Street Journal, qui appartient à Rupert Murdoch.
- Richard Plepler, coprésident de HBO.
- Charlie Rose, de PBS, Service public de radio et télévision des États-Unis.
- Fareed Zakaria, rédacteur du Newsweek
- Mortimer Zuckerman, président de l’U.S. News & World Reports.

Il existe beaucoup d’autres connexions avec la haute direction des médias, résultant de l’appartenance ou de la participation aux leviers de commande des transnationales et de l’actionnariat commun. Pour plus d’information, consulter mon livre publié originalement en 1978 « Trilaterals Over Washington », disponible [en anglais] en format électronique et gratuitement surwww.AugustReview.com. Ce site contient aussi beaucoup d’articles qui traitent divers aspects de l’hégémonie de la Commission trilatérale aux Etats-Unis et dans le monde.

Sources :

« August Review.com », 30 janvier 2009, « Obama : Trilateral Commission Endgame », par Patrick Wood.
Etudiant chercheur Sarah Maddox.
Tuteur : Peter Phillips, Université d’Etat de Sonoma.
Patrick Wood (August Review.com) / Réseau Voltaire / Projet censuré.

Patrick Wood

 

 

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jeudi 15 mars 2012

Israël risque de mettre le feu à la planète????

Je reproduis ici un excellent billet du blogue de Zebuzzeo
Israël une pluie de missiles depuis le Liban

L'escalade verbale, comme un prélude à un affrontement sans merci entre l' Iran et Israël ne cesse d'augmenter en intensité.
Téhéran a marqué deux points dans cette guerre d'un genre nouveau : le succès de Bachar al Assad dans la prise d’Idlib, alors aux mains des rebelles et le succès des missiles du Jihad Islamique, depuis Gaza.
Les Iraniens prévoient de faire écho à l’attaque palestinienne au Sud d’Israël, par une offensive contre le nord, depuis le Liban.
A la suite d’une visite de hauts-responsables iraniens à leurs partenaires du Hezbollah, mercredi matin, 14 mars, dans la région frontalière libano-israélienne qui se situe face à Mettula, la ville israélienne la plus au nord, à la pointe de la bande de terre galiléenne. 

La délégation iranienne, conduit par Ali Akbar Javanfekr, porte-parole du Président Mahmoud Ahmadinedjad, arrivé dans un convoi lourdement gardé, au poste avancé de Fatma, juste en face de Mettula, à son rendez-vous avec des officiers du renseignement militaire du Hezbollah.
Une fois sur place, ils n’ont pas cessé de tourner autour de la barrière de sécurité de la frontière libano-israélienne.
A certains moments, ils s’en sont rapprochés très près pour examiner le travail incessant des Forces de Défense d’Israël, visant à fortifier la barrière de sécurité frontalière et à transformer ce marqueur des limites territoriales en réelle barrière militaire, capable de résister à des incursions terroristes dans la bande de terre de Galilée.
Le visiteur iranien, Javanfekr, a commenté la scène, selon ce que nos sources ont relevé, de la façon suivante :
“Les Sionistes peuvent construire n’importe quel mur qu’ils voudront, que ce soit en béton, en acier ou en plastique, mais nous et le Hezbollah, nous l’abattrons, de la même manière que nous ferons tomber Israël lui-même ! ».

Il a fait porter sa voix suffisamment fort pour être entendu des deux côtés de la frontière.
Ses paroles ont été rapportées à des Commandants du haut échelon israélien, comme une menace soudaine du lancement d’une offensive de missiles, du même type que la confrontation à Gaza – sinon que cette fois, à la place du Jihad Islamique à Gaza, ce serait le Hezbollah qui aurait mission de tirer des missiles depuis le Liban.
Des paroles relatives à cette menace ont transpiré dans la façon du Premier ministre israélien de charpenter la tonalité de son discours à la Knesset, plus tard, mercredi, quand il a déclaré : « Nous frapperons l’Iran même si nos amis américains y font objection ». 
Cette position a été, un peu plus tard, contrarié par une décision du Président américain Barack Obama, et le Premier ministre britannique en visite, David Cameron, selon des sources à Washington de Debkafile, d’intensifier leurs efforts pour retenir Israël de frapper les installations nucléaires de l’Iran.
Par conséquent, Netanyahou a insisté une nouvelle fois, qu’Israël déciderait par lui-même ce qu’est la manière façon d’empêcher l’avènement d’un Iran nucléaire.
A peine ses déclarations sorties dans le domaine public, que Washington annonçait l’assistant au Secrétariat d’Etat pour les affaires politico-militaires Andrew Shapiro se rendrait immédiatement en voyage en Israël. Il essaiera, sans aucun doute de clarifier, jusqu’à quel point Netanyahou a réellement l’intention d’aller.

 

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mardi 13 mars 2012

17,000 milliard de $$$ engloutis dans les PCAA? Origine, historique et questions sans réponses

 

Je vous propose un vidéo qui présente l’entreprise financière Goldman & Sachs (GS).

Elle serait responsable, du moins selon l’auteur du vidéo, de la perte de 17,000 milliard de $$$ dans les PCAA.

Toutefois,  au delà de la rhétorique de l’implacable recherche de l’appât du gain…cher à l’humain…ce vidéo laisse plusieurs questions sans réponse. Je vous propose donc de le regarder ( il est de 48 minutes, mais il en vaut la peine). Après, bien vouloir lire mon questionnement.

 

 


Goldman Sachs : Les nouveaux maitres du monde par Super_Résistance
  1. Où sont passé les 17,000 milliard et pourquoi avait on besoin de cet argent???
  2. S’il est vrai que les anciens dirigeants de GS sont dans les plus hautes sphères gouvernementales un peu partout dans le monde, mais surtout aux USA, est ce à dire qu’il existe déjà un gouvernement parallèle mondial?
  3. Est ce que le complexe militaro-industriel mondial et surtout concentré aux USA ont des liens avec GS?
    1. Est ce que le réseau voyou Made in USA responsable des évènements du 11 septembre 2001 font partie de ce gouvernement???
  4. Est ce raisonnable de penser que les 17,000 milliard de $$$$ ont été utilisé pour financer les guerres…du complexe militaro-industriel américain en collaboration avec le gouvernement parallèle mondial???

Tant qu’à moi…il n’y a qu un pas à faire pour relier tout ce beau monde dans le même paquet….

Y a t il une solution à ca????

Une idée comme ca: Un réseau social mondial contrôlé par la population en général pour la mise sur pied d’un gouvernement du peuple par le peuple…Qu’en pensez vous???

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samedi 1 octobre 2011

Al-Qaida=CIA – Dit moi qui te paye et je te dirai si tu dis vrai???

 

Je reprodAl Qaeda dénonce la position d'Ahmadinejad sur le 11-Septembreuis un excellent papiel publié sur le Réseau Voltaire

RÉSEAU VOLTAIRE | 29 SEPTEMBRE 2011

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Dans sa septième livraison, mise en ligne le 27 septembre 2011, Inspire, le magazine officiel d’Al Qaida en anglais, conspue le président Mahmoud Ahmadinejad parce qu’il a fait siennes nos interrogations sur les attentats du 11 septembre 2001.

Pour Inspire, l’Iran en particulier et les chiites en général conduiraient un jihad superficiel contre les États-Unis et refuseraient de reconnaître le 11-Septembre, comme « la plus vaste opérations spéciale de tous les temps » et comme une victoire d’Al Qaida. C’est pour masquer leur vide qu’ils auraient décidé de relayer les « théories du complot ».

Au passage, le magazine attribue à Al Qaida les attentats de Madrid et de Londres, alors que les tribunaux espagnols et britanniques ont abandonné cette version.

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Le problème est que, bien avant le 11-Septembre, de nombreux auteurs ont montré que la CIA utilisait les jihadistes labellisés Al Qaeda pour combattre l’influence iranienne dans le monde musulman. Ce fut particulièrement le cas lors de la guerre de Bosnie-Herzégovine où la « Légion arabe » d’Oussama Ben Laden fut soutenue par Washington pour repousser les « Gardiens de la Révolution ». On peut donc interpréter la charge d’Inspire comme une inquiétude de ses commanditaires qui, en perdant le mythe du 11-Septembre, diminuent leur capacité à recruter de nouveaux mercenaires pour poursuivre les opérations de déstabilisation en Libye et en Syrie, et observent impuissants l’influence grandissante de Téhéran sur les révolutions arabes.

Inspire est un magazine électronique publié en Pdf depuis mai 2010. Il serait réalisé au Yémen par Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA). Il s’adresse prioritairement aux Britanniques et aux États-uniens qui souhaitent rejoindre les combattants de Ben Laden. Il dispose d’adresses courriel yahoo et gmail stables depuis un an et demi permettant à la CIA de surveiller le monde interlope du jihadisme.

Ce magazine a été « découvert » par le Search for International Terrorist Entities (SITE). Il n’existe aucune trace de sa dissémination avant que cet organisme —issu du Mossad israélien— ne le diffuse.

 

No de Billet : 0314-11-01-10-1

jeudi 15 septembre 2011

On vit encore les conséquences du 911

Je reproduis un excellent papiel de Robert Bibeau…sur Vigile.com via un autre site

www.centpapiers.com

Que s’est-il passé le 11 septembre 2001 ?

Après la résistance afghane rien ne sera plus jamais pareil, cette fois l’expression est justifiée

Robert BIBEAU
www.centpapiers.com
jeudi 15 septembre 2011


Depuis une semaine environ, un maelstrom d’informations bidon s’étale au téléjournal et à la une de votre journal. Chaque chaîne télé, chaque poste radio, tous ces journaux propriétés de grands trusts médiatiques et chaque reporter ambitieux à la solde de ces médias obséquieux insistent mordicus pour vous asséner son commentaire insidieux et vous faire partager son emphatique interprétation des événements qui ébranlèrent les puissances impérialistes en septembre 2001.

Cette débauche d’articles dissimule la vérité sur ce qui s’est vraiment passé en ces jours dramatiques. Mais ce n’est pas ce que Thierry Meyssan tente d’élucider depuis tant d’années qui devrait vous préoccuper. Quel intérêt y a-t-il à prouver qu’ils ont dissimulé, caché la vérité, paraphrasé des contes de fées et psalmodié des contre-vérités à propos de ces événements tant décriés (1) ? Tout cela n’a aucun intérêt pour les peuples opprimés.

Ce jour-là, l’Empire a été frappé en plein coeur (New York – Washington – Pentagone) par des hurluberlus venus d’Orient, d’où l’empire avait extradé la misère en rapatriant la plus-value, les immenses profits, les ressources naturelles et les richesses.

L’origine tiers-mondiste des kamikazes ne justifie pas la méthode utilisée mais elle permet de comprendre le motif de cette action anarchique.

Mais ce n’est pas du tout cette action d’éclat qui constitue le tournant et l’événement historique le plus important. Cette interprétation des événements du onze septembre 2001 est l’apanage des médias bourgeois et des États impérialistes clients ou fournisseurs de l’Empire qui voudraient de la sorte tous vous embrigader dans un Requiem funèbre orwellien justifiant la fascisation des États capitalistes, la suspension de l’Habeas corpus, des libertés civiles et de la présomption d’innocence au nom de la lutte contre un terrorisme qu’ils ont eux-mêmes financé – et incubé.

Depuis cette journée fatidique du 11 septembre 2001, mère de toutes les attaques meurtrières, disent-ils, combien d’innocentes victimes, femmes, vieillards, enfants, honnêtes gens sont tombés sous les bombes terroristes des faiseurs de paix et de pseudo démocratie ? Des centaines de milliers, le saviez-vous ? Et des centaines de milliers d’autres ont été blessés soi disant collatéralement, ou ont retrouvé leur résidence bombardée, leur champ miné, ou leur usine saccagée, le saviez-vous ? Dans le tiers-monde essentiellement, voilà pourquoi vous l’ignoriez.

Saviez-vous que depuis 2001 des millions de civils congolais (six millions environ, des noirs il est vrai !) sont morts assassinés – déchiquetés, parfois même dévorés – cannibalisés – dans le fond de la savane africaine à l’abri de la plume indolente et indifférente de nos reporters larmoyant sur la tragédie new-yorkaise (3 500 victimes) ?

Ils ont répété à satiété à la télé qu’après ces événements tragiques plus rien ne serait jamais pareil, que notre monde avait changé à tout jamais. Qu’y a-t-il de plus usuel et familier que les crises économiques successives, les guerres de rapines et de conquêtes en série, la pauvreté et les famines endémiques, les SDF et les sans abris harcelés, les jeunes pourchassés, le chômage et les épidémies, la soif et la faim généralisées dans tout le tiers-monde ? Les soupes populaires et les comptoirs alimentaires trop achalandés, les vieillards maltraités et la misère urbaine dans nos mégalopoles délabrées ? Jamais ce monde du XXIe siècle n’aura autant ressemblé à celui du XXe siècle mais en plus misérable et en plus insécuritaire.

On nous apprenait récemment qu’au XXIe siècle au lieu de compter dix mille organismes super riches concentrant entre leurs mains cupides l’essentiel de la richesse mondiale, ils ne seraient plus que 737 entités à posséder le capital et à diriger nos destinées (2). Aucun changement de fond à l’horizon dans cette information.

Il y a pourtant un aspect qui, lui, a véritablement et radicalement changé la réalité contemporaine. Cet événement survenu à la suite du onze septembre n’a pas eu lieu aux États-Unis mais à cause des États-Unis et de sa mise en oeuvre de représailles guerrières, meurtrières et terroristes.

Jusque-là, si l’on excepte ce que certains ont considéré comme une fausse victoire du peuple vietnamien (Noam Chomsky), il était convenu que les petits peuples, particulièrement ceux du tiers-monde, ne pouvaient résister à la formidable machine de guerre sophistiquée de l’Empire, tout comme il était admis que tout petit pays devait plier l’échine et verser son tribut aux magnats de la finance, à la Banque Mondiale, au FMI et aux trusts impérialistes, dès que le maître de l’Empire leur faisait signe de se soumettre à leur suzerain.

Voilà que le 7 octobre 2001, aux confins de l’Asie, aux limites de la Chine impérialiste et de la Russie capitaliste, un petit peuple sous développé, sans drones ni artillerie lourde, sans avions furtifs ni porte-avions, un peuple armé de son seul courage et de vieux fusils, tenait tête à l’Empire et se préparait à lui infliger une défaite cinglante (3). Après l’invasion afghane dont George W. Bush avait prématurément proclamé la victoire définitive sur un porte-avion désarmé, alors que ses troupes étaient incapables de pacifier ce pays temporairement occupé, le monde ne sera plus jamais le même.

Après la résistance afghane rien ne sera plus jamais pareil, cette fois l’expression est justifiée.

Depuis lors les États-Unis se dirigent vers la faillite budgétaire et aucun peuple n’a été assujetti par la force des armes à l’impérialisme états-unien. Les Ivoiriens poursuivent leur révolte et déstabilisent ce pays néo-colonial français ; les Iraquiens achèvent de chasser le dernier soldat Yankee d’occupation ; l’Empire ne réussit rien de palpable ni en Somalie ni au Pakistan, il y perd même du terrain ; la Syrie et l’Iran n’ont pas été soumis ; le Liban a chassé le gendarme américano-sioniste de ses terres en 2006 ; le peuple gazaouïs ne se soumet pas et résiste ; au Yémen, la partie s’éternise entre l’ancien et le nouveau scélérat candidat à la présidence ; en Libye rien n’est joué et la résistance persiste et s’organise (4) ; même en Égypte et en Tunisie l’Empire n’est pas encore assuré de totalement liquider la révolte populaire avec ses élections bidon pseudos « démocratiques » (5).

Non vraiment rien ne va plus pour l’Empire américain depuis ce jour où de noirs avions ont quitté ses porte-avions d’invasion afin de réprimer un petit peuple qui n’avait rien à voir avec ces attentats macabres du onze septembre. L’Empire avait juste oublié qu’un autre empire s’était quelques années auparavant cassé les dents sur ces farouches afghans.

Les crises économiques, financières, boursières, budgétaires récurrentes, le chômage et la misère humaine, bientôt de nouveaux défauts de paiement, marquent indubitablement ce nouveau millénaire. Rien là qui soit vraiment différent d’auparavant, si ce n’est la succession de défaites militaires américaines. Voilà qui est inédit et terriblement rafraîchissant.

Depuis le 7 octobre 2001 chaque peuple dans le monde a appris que l’impérialisme états-unien n’était pas invincible, que c’était un tigre de papier et un colosse aux pieds d’argile que chacun d’entre eux pouvait battre et chasser de chez-lui en autant qu’il reste uni, déterminé et combatif.

En effet, le monde a bien changé entre le 11 septembre et le 7 octobre 2001  !

(1) http://www.mondialisation.ca/index....
(2) http://www.centpapiers.com/737-mait...
(3) http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_d’Afghanistan_(2001)
(4) http://www.mondialisation.ca/index....
(5) http://www.legrandsoir.info/La-revo...
http://www.centpapiers.com/le-maill...

Source
http://www.centpapiers.com/que-s%e2%80%99est-il-passe-le-11-septembre-2001/8 (...)

No de Billet: 8930-11-90-51-1

mercredi 14 septembre 2011

LA CIA, les plus grands “Pushers” de drogue au monde???

Je reproduis un vieil article de Michel Chossudovsky

Enfumage et propagande officielle: pourquoi Ben Laden devait mourir une fois de plus… »

11 Septembre, traffic de drogue, CIA, ISI (Pakistan), Ben Laden, Afghanistan: barbouzes au service d’intérêts particuliers…

Qui était Oussama Ben Laden: la vérité derrière le 11 Septembre 2001

Par Michel Chossudovsky

Article publié le 12 Septembre 2001 en anglais sur GlobalResearch.ca

À l’occasion de l’annonce officielle de la mort d’Oussama ben Laden , nous publions à nouveau cet article publié pour la première fois sur Global Research le 12 septembre 2001.

Note de l’auteur. Cet article fut rédigé le jour même des attaques. Il fut publié en anglais par Global Research le 12 septembre 2001.

Quelques heures après les attaques terroristes du 11 septembre au World Trade Center et au Pentagone, l’administration Bush concluait, sans preuve à l’appui, qu’Oussama ben Laden et son | Ce qu’est le RSS        organisation, Al-Qaeda, étaient les suspects les plus probables. Le directeur de la CIA, George Tenet, déclarait que ben Laden « a la capacité de planifier plusieurs attaques sans avertissement ». Le secrétaire d’État Colin Powell qualifiait de son côté les attaques à Washington et à New York de « déclaration de guerre », ce que George Bush confirmait dans son discours à la nation le soir même en affirmant qu’il ne « fera aucune distinction entre les terroristes qui ont commis ces actes et ceux qui les ont soutenu ». L’ancien directeur de la CIA James Woolsey insinuait pour sa part la complicité de un ou plusieurs gouvernments étrangers. Et l’ancien conseiller à la sécurité nationale Lawrence Eagelberger déclarait dans une entrevue télévisée: « Je crois que nous allons démontrer que, lorsque nous sommes attaqués de cette façon, nous pouvons réagir d’une manière brutale

avec force et détermination » (« we are terrible in our strength and in our retribution »).

Suite aux déclarations officelles, les médias occidentaux n’ont pas tardé (sans preuves à l’appui) à approuver le déclenchement d’actions punitives contre des cibles civiles au Moyen-Orient et en Asie centrale. William Saffire écrivait à ce propos dans le New York Times : « Lors que nous aurons raisonnablement pu déterminer la localisation des bases et des camps de nos attaquants, nous devrons les pulvériser – en minimisant mais également en acceptant les risques de dommages collatéraux. Nous devrons agir par des opérations [militaires] directes mais également par des actions en sous-main [de nos services de renseignement], afin de déstabiliser les États hôtes de la terreur. »

Le texte ci-dessous a pour object d’analyser l’histoire d’Oussama ben Laden et des liens entre la Jihad islamique et la politique étrangère des États-Unis depuis la Guerre froide.

Le premier suspect des attaques de New-York et Washington, le Saoudien Oussama ben Laden, qui est déjà désigné comme un « terroriste international « par le FBI pour son rôle présumé dans le bombardement d’ambassades étatsuniennes en Afrique, ironiquement fut au point de départ recruté par la CIA pour combattre les Soviétiques durant la guerre soviéto-afghane. 1

En 1979, la « plus grande opération secrète de l’histoire de la CIA » fut lancée en réponse à l’invasion de l’Afghanistan par les Soviétiques afin de soutenir le gouvernement pro-communiste de Babrak Kamal. 2

Sous les vifs encouragements de la CIA et des Services secrets pakistanais, qui voulaient transformer la Jihad afghane en une grande guerre menée par tous les pays musulmans contre l’URSS, quelque 35 000 intégristes musulmans en provenance de 40 pays islamiques se joignirent à la lutte en Afghanistan entre 1982 et 1992. D’autres dizaines de milliers vinrent étudier dans les madrasah pakistanais. Avec le temps, plus de 100 000 intégristes musulmans furent directement influencés par la Jihad afghane. 3

La Jihad islamique était appuyée les États-Unis et l’Arabie saoudite, une grande partie du financement provenant du commerce de la drogue dans le Croissant fertile.

En mars 1985, le président Reagan signait la directive de sécurité nationale no 166, qui autorisait une aide militaire secrète aux Mujahideen. Cette initiative démontrait sans équivoque que la guerre secrète ménéee en Afghanistan avait pour objectif de combattre les troupes soviétiques en Afghanistan. La nouvelle aide en sous-main des États-Unis fut marquée par une augmentation substantielle de la quantité d’armes fournies – une aide annuelle régulière équivalente, en 1987, à 65 000 tonnes d’armes -, de même qu’un flot incessant de spécialistes de la CIA et du Pentagone, au quartier général secret des Services de renseignements pakistanais, sur la route principale, près de Rawalpindi, au Pakistan. 4

La CIA, utilisant les services de renseignement pakistanais, jouait un rôle clé dans l’entraînement des Mujahideen. À son tour, la guérilla soutenue par la CIA fut intégrée avec les enseignements de l’Islam :

Les thèmes prédominants étaient que l’Islam est une idéologie socio-politique complète, que l’Islam sacré avait été violé par les troupes soviétiques athées et que le peuple islamique d’Afghanistan devrait réaffirmer son indépendance en se débarrassant du régime socialiste afghan soutenu par Moscou. 5

Le réseau des services de renseignement pakistanais

Les Service de renseignement pakistanais – Inter Service Intelligence (ISI) – furent utilisés comme « intermédiaire ». L’appui de la CIA à la Jihad fut réalisé par l’entremise de la ISI, c’est-à-dire que la CIA ne faisait pas parvenir son appui directement aux Mujahideen. En d’autres mots, afin de garantir le « succès » de ces opérations en sous-main, Washington avait pris soin de ne pas révéler l’objectif ultime de la Jihad, qui consistait à détruire l’Union soviétique.

Selon l’expression de Milton Beardman, de la CIA, cette agence « n’a pas entraîné les Arabes » en tant que tel. Cependant d’après Abdel Monam Saidali, du Centre Al-Aram d’études stratégiques du Caire, ben Laden et les « Arabes afghans » avaient reçu « par l’entremise de la CIA, un entraînement [militaire] très sophistiqué et spécialisé [dans différents champs d'application] ». 6

Beardman confirme néeanmoins qu’Oussama ben Laden n’était pas conscient du rôle qu’il jouait pour Washington : « Ni moi [ben Laden], ni mes frères n’avions pu observer une quelqonque aide américaine. » 7

Motivés par le nationalisme et la ferveur religieuse, les guerriers islamiques n’étaient guère conscients qu’ils se battaient contre l’Union soviétique pour le compte de l’« Oncle Sam ». Alors que des contacts furent établis et entretenus aux échelons supérieurs des services de renseignement, les commandants des rebelles islamiques sur le terrain n’avaient aucun lien direct avec Washington ou la CIA. Avec le soutien de la CIA et l’aide militaire américaine, la Inter Services Intelligence (ISI) pakistanaise s’est rapidement transformée en une « structure parallèle exerçant d’énormes pouvoirs sur tous les aspects de gouvernement ». 8 La ISI possédait un personnel, composé de militaires, d’agents de renseignement, de bureaucrates, d’agents doubles et d’informateurs, estimé à 150 000 personnes. 9

Entre-temps, les opérations de la CIA contribuaient également à renforcer le régime militaire pakistanais dirigé par le général Zia Ul Haq :

Les relations entre la CIA et les Services de renseignement pakistanais sont devenues plus amicales suite au coup d’État contre Bhutto par [le Genéral] Zia et l’installation d’un régime militaire. [...] Durant la plus grande partie de la guerre d’Afghanistan, le Pakistan était encore plus anti-soviétique que les États-Unis. Peu après l’invasion de l’Afghanistan par des militaires soviétiques, en 1980, Zia avait donné ordre au directeur de la ISI de mener des actions en sous-main afin de déstabiliser les républiques soviétiques d’Asie centrale. La CIA n’a approuvé ce plan qu’en 1984. [...] La CIA était encore plus prudente que les Pakistanais. Le Pakistan et les États-Unis choisirent tous deux la supercherie. Des actions diplomatiques de façade furent ménées alors que les services de renseignement [CIA et ISI] s’étaient préalablement entendus qu’une escalade militaire constituait la meilleure solution. 10

Le croissant d’or de la drogue

L’histoire du commerce de la drogue en Asie centrale est intimément liée aux activités secrètes de la CIA. Avant la guerre URSS-Afghanistan, il n’y avait pour ainsi dire presque pas de production locale d’héroïne.11 À cet égard, l’étude d’Alfred McCoy confirme que, durant les premières années des opérations de la CIA en Afghanistan, « les territoires près de la frontière pakistano-afghane devenaient le principal fournisseur d’héroïne pour le marché mondial, répondant à 60 % de la consommation d’héroïne au États Unis. Au Pakistan, le nombre de personnes dépendantes de l’héroïne est passé de près de zéro en 1979 à [...] 1,2 million en 1985 – un accroissement beaucoup plus grand que celui connu par n’importe quel autre pays. » 12

La CIA contrôlait indirectement le commerce de l’héroïne. Lorsque les Mujahideen ont établi leur contrôle sur une partie du territoire afghan, ils ont donné l’ordre aux paysans de cultiver de l’opium en guise de taxe révolutionnaire. De l’autre côté de la frontière, au Pakistan, des leaders afghans et des groupes d’affaires locaux, sous la protection des Services de renseignement (ISI), ont mis sur pied des centaines de laboratoires de production d’héroïne. Durant cette décennie de commerce ouvert de la drogue, la US Drug Enforcement Agency (DEA) à Islamabad s’est trouvé incapable de faire quelque saisie ou arrestation majeure que ce soit. [...] Les autorités étasuniennes ont refusé d’enquêter sur toute charge en rapport avec l’héroïne à l’égard de leurs alliés afghans « parce que la politique des États Unis relative à la lutte contre le narcotraffic en Afghanistan fut largement subordonné à la guerre contre l’Union soviétique ». En 1995, le directeur des opérations de la CIA en Afghanistan, Charles Cogan, avait admis que la CIA avait sacrifié la guerre contre la drogue pour se consacrer à la Guerre froide. «Notre mission principale était d’infliger le plus de dommages possible aux Soviétiques. Nous n’avions pas vraiment les ressources et le temps requis pour enquêter sur le commerce de la drogue. [...] Je ne crois pas que nous ayons à nous excuser de cela. Toute situation à ses inconvénients. [...] Il y a eu un inconvénient au niveau du narcotraffic, oui. Mais l’objectif principal a été atteint. Les Soviétiques ont quitté l’Afghanistan. »13

Au lendemain de la Guerre froide

Au lendemain de la Guerre froide, la région de l’Asie centrale n’est pas seulement stratégique pour ses réserves de pétrole : elle fournit à elle seule les trois quarts de la production mondiale d’opium, ce qui représente un revenu de plusieurs milliards de dollars pour les milieux d’affaires, les institutions financières et bancaires impliquées dans le lavage de l’argent sale, les agences de renseignement et le crime organisé. Le commerce de la drogue dans le croissant d’or rapporte entre 100 et 200 milliards USD par année, soit environ le tiers du chiffre d’affaire annuel du commerce mondial de la drogue (heroïne, cocaine, etc), évalué (sans compter les retombéees dans d’autres secteurs d’activité) par les Nations unies à environ 500 milliards USD. 14

Avec la désintégration de l’URSS, la production de l’opium avait pris un essor considérable. Selon les estimations des Nation unies, la production afghane d’opium en 1998-1999 – dates qui coïncident avec le développement d’insurrections armées dans les anciennes républiques soviétiques – avait atteint un niveau record, avec 4 600 mètres cube de production. 15 De puissants groupes d’affaires de l’ex-URSS alliés avec le crime organisé se font concurrence pour le contrôle stratégique des « routes de l’héroïne ».

Le vaste réseau militaire des Services des renseignement pakistanais ne fut pas démantelé au lendemain de la Guerre froide. Par aillerus, la CIA continuait d’appuyer la Jihad islamique par l’entremise du Pakistan. De nouvelles initiatives secrètes furent lancéees en Asie centrale, dans le Caucase et dans les Balkans. L’appareil militaire ainsi que les Services de renseignement pakistanais ont essentiellement « servi de catalyseur pour la désintégration de l’URSS et l’émergence de six républiques musulmanes en Asie centrale ». 16

En parallèle avec ces actions en sous-main de la CIA, des missionnaires islamiques de la secte Wahhabi d’Arabie saoudite s’étaient installés dans ces républiques, de même qu’à l’intérieur de la Fédération russe, empiétant sur les institutions de l’État et de la sociéte civile. En dépit de leur idéologie « anti-ÉUA », les actions fondamentalistes islamiques ont pourtant servi les intérêts stratégiques de Washington en ex-URSS…

La guerre civile afghane s’est poursuivie suite à la retraite des forces soviétiques en 1989. Les Talibans avaient reçu l’appui des Deobandis pakistanais et de leur parti politique, le Jamiat ul Ulema e Islam (JUI). En 1993, le JUI s`était joint à la coalition du premier ministre Benazzir Bhutto. Des liens furent établis entre le JUI, l’armée et les Services des renseignements. En 1995, avec la chute du gouvernement Hezb i Islami de Hekmatyar, à Kaboul, les Talibans ont non seulement instauré un gouvernement islamique intégriste, mais ont aussi « confié le contrôle des camps d’entraînement afghans à des factions du JUI ». 17

Et le JUI, avec l’appui du mouvement Wahhabi, a joué un rôle majeur dans le recrutement de Mujahideen pour les Balkans et dans l’ex-URSS. Jane Defense Weekly confirme à cet égard que « la moitié des hommes et de l’équipement des Talibans provient des Services des renseignement pakistanais ». 18

En fait, il semblerait que, suite au retrait des troupes soviétiques, les differentes formations armées dans la guerre civile en Afghanistan ont continué à recevoir une aide en sous-main de la CIA par le biais des Services de renseignement pakistanais. 19

En d’autres mots, soutenus par l’ISI pakistanais lui-même contrôlé par la CIA, l’État islamique taliban a grandement servi les intérêts géopolitiques de Washington. Le commerce de la drogue dans le Croissant fertile a également servi à financer et équiper l’Armée musulmane bosniaque, dès le début des années 1990, et l’Armée de libération du Kosovo (UCK). Au cours des derniers mois, des mercenaires Mujahideen combattaient dans les rangs des terroristes de l’UCK impliquée dans la guerre civile en Macédoine. Et il est avéré que l’UCK est non seulement appuyé par l’Otan, mais elle est également en partie financée par la mission des Nations unies au Kosovo.

Cela explique sans l’ombre d’un doute pourquoi Washington a fermé les yeux sur le règne de terreur imposé par les Talibans, impliquant notamment des dérogations flagrantes aux droits des femmes, la fermeture des écoles de filles, le congédiement des employées de la fonction publique et l’imposition de la « loi pénale de la Sharia». 20

La guerre en Tchétchénie

Les principaux leaders rebelles en Tchétchénie, Shamil Basayev et Al Khattab, ont reçu leur formation militaire et idéologique dans des camps d’entrainement financés par la CIA en Afghanistan et au Pakistan. Selon Yossef Bodansky, directeur du US Congress’s Task Force on Terrorism and Unconventional Warfare, la guerre tchétchène fut planifiée durant un réunion secrète de Hizb Allah, tenue en 1996 à Mogadishu, en Somalie. 21

De nombreux cadres supérieurs des Services de renseignement iranienne et pakistanaise, ont participé à cette réunion, à laquelle Oussama bin Laden était également présent. Le rôle de la ISI pakistanaise dans la guerre civile en Tchétchénie « va beaucoup plus loin que l’approvisionnement des Tchétchènes en armes et en expertise : les Service de renseignement pakistanais et ses mandataires islamiques radicaux sont en réalité ceux qui dirigent cette guerre ». 22

Le principal oléoduc russe traverse la Tchétchénie et le Daghestan. N’eut égard aux condamnations de pure forme du terrorisme islamique par Washington, les bénéficiaires indirects de la guerre tchétchène sont les géants pétroliers anglo-américains luttant pour le contrôle des ressources pétrolières et des oléoducs dans le bassin de la mer Caspienne.

Les deux principales armées rebelles tchétchènes (respectivement dirigées par le commandant Shamil Basayev et par l’émir Khattab), estimées à 35 000 hommes, furent financées par les Services des renseignement pakistanais. La ISI a aussi joué un rôle clé dans l’organisation et l’entraînement de l’armée rebelle tchétchène :

[En 1994], les Services des renseignement pakistanais ont organisé pour Basayev et ses lieutenants de confiance un endoctrinement islamique intensif et un entraînement de guérilla dans la province de Khost, en Afghanistan, dans le camp d’Amir Muawia, installé au début des année 1980 par la CIA et les Service de renseignement pakistanais et dirigé par le célèbre seigneur de guerre afghan Gulbuddin Hekmatyar.

En juillet 1994, « diplômé » d’Amir Muawia, Basayev est transféré au camp de Markaz i Dawar, au Pakistan, pour y entreprendre un entraînement en tactiques de guérilla avancées. Au Pakistan, Basayev rencontrait également les plus hauts cadres des forces militaires et des services de renseignement : le ministre de la Défense, le général Aftab Shahban Mirani, le ministre de l’Intérieur, le général Naserullah Babar, et le directeur des Services de renseignement responsable pour l’acheminement de l’appui de la ISI aux causes islamiques, le général Javed Ashraf (tous maintenant à la retraite). Ces liens en haut lieu se montrèrent vite utiles à Basayev. 23

Suite à son entraînement et son endoctrinement, Basayev fut affecté pour mener un campagne militaire contre les troupes fédérales russes lors de la première guerre tchétchène de 1995. Son organisation avait également développé des liens étroits avec les consortiums criminels moscovites et avec le crime organisé albanais et l’UCK. En 1997-1998, selon le Service de la sécurité fédérale russe, « les seigneurs de guerre tchétchènes ont commencé à investir dans l’immobilier au Kosovo [...] par l’intermédiaire de plusieurs firmes immobilières enregistrées en Yougoslavie en guise de couverture ». 24

L’organisation de Basayev fut également impliquée dans bon nombre de trafics, notamment les narcotiques, l’exploitation illégale et les sabotages d’oléoducs russes, le kidnapping, la prostitution, le commerce de faux dollars et la contrebande de matériaux nucléaires. 25 Avec le blanchiment de l’argent de la drogue, les profits de ces activités criminelles furent également utilisés pour financer le recrutement de mercenaires et l’achat d’armes.

Pendant son entraînement en Afghanistan, Shamil Basayev s’est lié avec le commandant vétéran saoudien Mujahideen Al Khattab qui avait combattu en Afghanistan. Quelques mois après le retour de Basayev à Grozny, début 1995, Khattab fut invité à créer une armée installée en Tchétchénie pour l’entraînement de combattants Mujahideen. Selon la BBC, le voyage de Khattab en Tchétchénie fut « planifié grâce à l’appui de la Islamic Relief Organisation (IRO) basée en Arabie saoudite qui avait expédié des fonds en Tchétchénie. La IRO était financée par des mosquées ainsi que des dons de riches individus [associés aux milieux d'affaires saoudiens]. » 26

En conclusion

Depuis l’ère de la Guerre froide, Washington a sciamment soutenu Oussama ben Laden, tout en le plaçant sur la liste des « personnes les plus recherchées par le FBI».

Alors que les Mujahideen sont impliqués dans des insurrection armées pour le compte des États- Unis dans les Balkans et en ex-URSS, le FBI, a pour mandat de mener aux États-Unis de mener une guerre au terrorisme. De toute évidence, il s’agit là non seulement d’actions contradictoires mais d’une politique qui s’avère mensongère à l’endroit des citoyens. Car la CIA depuis la guerre URSS-Afghanistan, appuie le terrorisme international par l’entremise de ses opérations secrètes.

Cruelle ironie, la même Jihad islamique, présentée par l’administration Bush comme « une menace contre l’Amérique » responsable des assauts terroristes contre le World Trade Center et le Pentagone constitue un instrument clé des opérations militaires stratégiques de Washington dans les Balkans et en ex-URSS.

Au lendemain des attaques terroristes de New York et de Washington, la vérité sur les liens entre le gouvernment américain et le terrorisme international doivent être devoilés à l’opinion publique afin d’empêcher l’administration Bush et ses partenaires de l’Otan de se lancer dans une aventure militaire qui menace l’avenir de l’humanité.

Notes

1. Hugh DAVIES., « International: `Informers’ point the finger at bin Laden; Washington on alert for suicide bombers ». The Daily Telegraph, Londres, 24 août 1998.

2. Cf. Fred HALLIDAY. « The Un-great game: the Country that lost the Cold War, Afghanistan ». New Republic, 25 mars 1996.

3. Ahmed RASHID., « The Taliban: Exporting Extremism ». Foreign Affairs, Novembre-décembre 1999.

4. Steve COLL. Washington Post. 19 juillet 1992. 5. Dilip HIRO., « Fallout from the Afghan Jihad ». Inter Press Services, 21 novembre 1995. 6. Eric WEINER et Ted CLARK. Weekend Sunday (NPR). 16 août 1998. 7. Ibid. 8. Dipankar BANERJEE. « Possible Connection of ISI With Drug Industry », India Abroad, 2

décembre 1994. 9. Ibid.

10. Cf. Diego CORDOVEZ et Selig HARRISON. Out of Afghanistan: The Inside Story of the Soviet Withdrawal. Oxford University Press, New York, 1995. Cf. aussi la critique de Cordovez et Harrison. International Press Services. 22 août 1995.

11. Alfred MCCOY. The Progressive, « Drug fallout: the CIA’s Forty Year Complicity in the Narcotics Trade ». 1 août 1997.

12. Ibid. 13. Ibid. 14. Douglas KEH. Drug Money in a changing World, Technical document no 4. Vienne, UNDCP,

1998, p.4. Cf. Report of the International Narcotics Control Board for 1999. E/INCB/1999/1 United Nations Publication, Vienne, 1999, pp.49-51 ; et Richard LAPPER, « UN Fears Growth of Heroin Trade ». Financial Times, 24 février 2000.

15. Report of the International Narcotics Control Board. Op. cit., pp.49-51. Cf. Richard LAPPER. Op. cit.

16. International Press Services. 22 août 1995. 17. Ahmed RASHID. « The Taliban: Exporting Extremism ». Foreign Affairs, Novembre-décembre,

1999, p.22. 18. In « Christian Science Monitor ». 3 septembre 1998. 19. Tim MCGIRK. « Kabul learns to live with its bearded conquerors ». The Independent Londres,

6 novembre 1996. 20. Cf. K. SUBRAHMANYAM., « Pakistan is Pursuing Asian Goals ». India Abroad 3 novembre

1995. 21. Levon SEVUNTS. The Gazette, « Who’s calling the shots? Chechen conflict finds Islamic roots

in Afghanistan and Pakistan ». Montréal, 26 octobre 1999. 22. Ibid.

23. Ibid. 24. Cf. Vitaly ROMANOV et Viktor YADUKHA. Chechen Front Moves To Kosovo Segodnia. Moscou,

23 février 2000. 25. The European. 13 février 1997. Cf. Itar-Tass, 4-5 janvier 2000. 26. BBC. 29 septembre 1999.

Article original en anglais: http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=368

texte original Version française: L’aut’journal, Montréal, octobre 2001

Michel Chossudovsky est directeur du Centre de recherche sur la mondialisation et professeur émérite de sciences économiques à l’Université d’Ottawa. Il est l’auteur de Guerre et mondialisation, La vérité derrière le 11 septembre et de la Mondialisation de la pauvreté et nouvel ordre mondial (best-seller international publié en 12 langues).

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